Référendum d'Initiative Partagée contre la privatisation de l'aéroport de Paris

Le référendum d’initiative partagée (RIP) contre la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), quèsaco ?

Youth for Climate Lyon, branche locale du mouvement international en faveur du climat et pour une réelle transition écologique et sociale, s’engage et vous appelle à signer le référendum pour bloquer la privatisation d’ADP. De quoi s’agit-il ?

 

L’année dernière, le gouvernement français annonce vouloir céder son capital dans certaines entreprises telles qu’Engie, la FDJ, et Aéroports de Paris. L’objectif principal est de dégager des financements afin d’alimenter le projet de Fonds pour l’innovation de rupture qui doit être doté de 10 milliards d’euros, et ainsi amorcer la « révolution technologique » du pays face aux géants chinois et étatsuniens.

 

Dès lors, le 22 mai 2019, la loi Pacte portant en son sein le projet de concession d’exploitation pour 70 ans d’ADP à des entreprises privées est promulguée par le Président de la République. Il s’agit donc de vendre la part de capital que l’Etat détient dans ADP, à savoir 50,3%, au privé.

 

Néanmoins, non satisfaits de cette décision, plus de 200 parlementaires de tous bords ont saisi le Conseil Constitutionnel dans les jours suivants pour demander l’avis au peuple, via le Référendum d’Initiative Partagée (RIP). L’objectif étant, durant neuf mois, d’acquérir 4,7 millions de soutiens du peuple français (un dixième du corps électoral) afin d’affirmer le caractère public et national d’Aéroports de Paris.

Pourquoi sommes-nous contre cette privatisation ?

Nous pouvons décliner nos arguments en trois points.

 

Tout d’abord, il convient de rappeler qu’ADP est une entreprise rentable. En effet, le groupe a généré l’an dernier 4.5 milliards € à travers le monde. Ses bénéfices (610 millions €) sont en constante augmentation depuis plusieurs années, et l’Etat s’apprête à recevoir pour 2019 185 millions € de dividendes. Dès lors, céder ADP à des acteurs privés (en dédommageant au demeurant les autres actionnaires à hauteur d’un milliard €) ne reviendrait qu’à se débarrasser d’un groupe pourtant rentable, qui apporte chaque année une somme d’agent non négligeable pour le budget national. Des groupes privés qui hériteront ainsi d’une entreprise florissante, s’enrichissant tout en n’ayant pas eu à financer les couts d’infrastructures initiaux supportés par la collectivité, mais qui bénéficieront bien d’une rente de monopole puisqu’un nouvel aéroport n’ira pas s’implanter à Paris ! On peut également citer la vente de l’aéroport de Toulouse en 2015 au consortium chinois Symbiose qui, en 2018, a tenté de s’accaparer une partie des réserves financières de l’aéroport, et a cette année mis en vente sa participation, ce qui pourrait lui assurer une plus-value substantielle.

 

De même, il est nécessaire de réaffirmer, en s’appuyant sur le préambule de la Constitution de 1946, que « tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractères d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité ». Ainsi peut-on considérer les aéroports comme des services publics nationaux et stratégiques en tant qu’ils permettent l’accès au territoire, et il est à craindre, avec un passage de l’exploitation d’ADP au privé, une hausse du cout des péages pour les compagnies aériennes, répercutée sur le prix des billets pour les clients.

 

Mais ce qui parait le plus important pour notre mouvement, ce sont évidemment les risques liés aux destructions écologiques. Rappelons en effet que l’aviation génère 3% des émissions mondiales de CO2, et que celles-ci pourraient tripler d’ici à 2030. Si ADP est cédé entre les mains du privé, les concessionnaires exploitants, bien que l’Etat demeurera propriétaire des terres, n’hésiteront pas à faire pression sur nos dirigeants politiques pour développer toujours davantage ces aéroports et construire de nouvelles pistes et infrastructures, et ainsi accaparer toujours plus de profits, telle est la philosophie même du capitalisme. On pense notamment aux dangers liés à l’artificialisation des sols, la destruction de la biodiversité, les nuisances sur le voisinage… dénoncés, on s’en souvient, par les militants anti-NDDL. Il apparait donc crucial de préserver ADP dans le giron national public, pour décider démocratiquement des conditions d’exploitation et de développement des aéroports, et ne pas céder face aux taux de rentabilités grotesques exigés par les actionnaires, incompatibles avec une transition écologique et sociale ambitieuse.

Ce que nous soutenons

Ainsi menons-nous un combat multiple : économique, social, écologique, et démocratique. Un combat pour ne pas céder nos biens nationaux publics à des compagnies privées intrinsèquement motivées par une course au profit, faisant fi des destructions, qu’elles soient sociales, écologiques… Un combat pour la préservation de nos services publics, les aéroports permettant l’accès pour tous au territoire français. Un combat pour que le peuple puisse décider démocratiquement de l’avenir des entreprises publiques stratégiques.

Bien évidemment, le mouvement Youth for Climate Lyon exige une réduction du trafic aérien responsable de pollutions atmosphériques, de destructions écologiques… Mais ce n’est pas en cédant nos aéroports au privé que l’on parviendra à amorcer une réelle transition écologique et sociale. Celle-ci doit se décider dans un cadre public, et de manière démocratique.

ALLEZ DONC SIGNER LE RÉFÉRENDUM CONTRE LA PRIVATISATION D’ADP, ET MOTIVEZ VOTRE FAMILLE, VOS AMIS, VOS PROCHES. 4,7 MILLIONS DE SIGNATURES EN 9 MOIS, ON PEUT Y ARRIVER ! CE SERA UNE VICTOIRE CONTRE MACRON ET SON GOUVERNEMENT. UNE VICTOIRE POUR L’INTÉRÊT GÉNÉRAL. UNE VICTOIRE POUR L’AVENIR.

LYON

Grèves pour le Climat